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Prévention cancer

Peut-on prévenir le cancer du sein ?

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers de la femme. Pour savoir comment augmenter ses propres chances d’échapper à cette maladie, il faut d’abord comprendre les facteurs de risque relatifs au cancer du sein.

Quels sont les facteurs de risque d’un cancer du sein ?

  • L’âge : le cancer du sein augmente avec l’âge, il est rare avant 40 ans.
  • Le sexe feminine : le cancer du sein chez les hommes ne représente que 1% du nombre total de cancers du sein diagnostiqués
  • Les antécédents personnels de cancer du sein : une femme qui a eu un cancer du sein a un risque plus élevé de cancer de l’autre sein
  • Les cancers du sein dans la famille proche, surtout chez des femmes jeunes : Si des membres de la famille proches ont eu cette maladie, le risque augmente également
  • Les mutations génétiques héréditaires, si souvent invoquées, ne sont à l’origine que de 5 à 6 % des cas. Chez ces femmes, cancers du sein et cancer de l’ovaire sont parfois associés. Une consultation de génétique chez les femmes à risque élevé (antécédents personnels ou familiaux) permet de conseiller les patientes sur l’utilité d’un test génétique recherchant les mutations les plus fréquentes (BRCA1, BRCA2, p53, ATM, ou PTEN).En cas de détection d’une de ces mutations des mesures adaptées à chaque cas seront alors discutées.
  • L’exposition thérapeutique aux radiations ionisantes pour certains cancers comme les lymphomes augmente le risque de cancer du sein, surtout si l’irradiation a eu lieu pendant l’enfance ou la pré puberté.
  • Et les examens radiologiques diagnostiques? Les examens de dépistage classiques par mammographie ne représentent pas de risque sauf chez les patientes porteuses d’une mutation BRCA 1/2 ayant des examens répétés. Néanmoins, il est recommandé de ne pas multiplier des examens radiologiques (scanners…) sans véritable indication médicale.
  • Les contraceptifs hormonaux ont peu d’impact sur le risque de cancer du sein, mais peuvent réduire le risque de cancer de l’ovaire.
  • Le risque lié aux traitements hormonaux de la ménopause est faible et dépend de la voie d’utilisation, du dosage et de la composition les médicaments utilisés ainsi que du moment où le traitement est débuté. Votre gynécologue vous conseillera sur l’utilité d’un tel traitement dans votre situation particulière.

Existe-t-il des facteurs liés au style de vie ?

  • Oui, une ménarche précoce, une ménopause tardive, une nulliparité, des grossesses tardives et l’absence d’allaitement ont en commun une longue exposition aux œstrogènes endogènes ce qui augmente le risque de cancer du sein.
    L’obésité représente un risque en post menopause.
  • La consommation d’alcool quant à elle est associée à un risque dose-dépendant: le risque de cancer du sein augmente dès la consommation de trois boissons alcoolisées par semaine, il n’y a pas de différence entre les types de boissons (vin, bière…)
  • Le tabagisme actif est également un facteur de risqué
  • Le travail de nuit semble également avoir un effet nocif
  • Enfin, certains produits chimiques ayant une action de perturbateurs endocriniens comme le Bispénol A, le perchloréthylène, et d’autres substances comme les déodorants contenant des sels d’aluminium ont été incriminés,cependant les données scientifiques sont parfois contradictoires ou insuffisantes. Il est préférable d’éviter le contact avec ces substances chimiques, même si cette mesure de précaution est parfois difficile à réaliser dans la vie de tous les jours.

Quels sont les moyens de prevention?

N.B : Les examens de dépistage (examen des seins, mammographie, échographie…) ne constituent pas une prévention proprement-dite, leur objectif est la détection précoce des cancers.

  • La mastectomie bilatérale prophylactique, méthode radicale et traumatisante pour les femmes est très efficace, mais elle est réservée aux patientes porteuses d’une mutation génétique BRCA1/2.
  • Les traitements hormonaux préventifs (tamoxifene, raloxifene),sont recommandés aux femmes avec un risque élevé de cancer du sein (lésions du sein atypiques, risque familial élevé, mutations génétiques…).

Ces traitements n’étant pas dénués de risque (thrombose veineuse profonde, cancer de l’endomètre, cataracte pour le tamoxifène), leur prescription doit être réfléchie.

Existe-t-il des comportements à adopter pour prévenir le cancer du sein ?

Une combinaison de mesures préventives peut réduire nettement le risque de développer un cancer du sein :

  • Eviter les grossesses pas trop tardives
  • Prolonger l’allaitement maternel
  • Faire de l’exercice physique régulièrement
  • Opter pour une alimentation saine riche en fruits and légumes, poissons et huile d’olive..

En revanche, contrairement au cancer du colon, le rôle des graisses animales et de la viande rouge n’est pas clair en ce qui concerne le cancer du sein.

De même, une alimentation riche en soya et phyto-oestrogènes ne semble pas apporter de bénéfice. Concernant, les antioxidants, les médicaments anti-inflammatoires, le Calcium/Vitamin D, vitamines A, E, or C, ou le bêta-carotène il n’y a pas non plus d’évidence d’un effet bénéfique.

En conclusion : Alimentation saine, limitation de la consommation d’alcool, réduction pondérale et activité physique régulière sont les meilleurs moyens pour réduire son risque personnel de cancer du sein.
A noter qu’un tel mode de vie sain a également un effet préventif sur l’apparition du diabète, des maladies cardiovasculaires et d’autres cancers.

 

Rédigé par Dr Christiane Kieffer


Dr Christiane Kieffer

Gynécologue obstétricienne depuis 1989 à la Clinique Bohler, le Dr Christiane Kieffer occupe le poste de Directrice Médicale du Pôle Femme, Mère-Enfant depuis 2013. Dr Kieffer est de formation belge et allemande.

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