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Journée mondiale de l'ostéoporose

Ostéoporose et activité physique

L’ostéoporose est un problème de santé publique. On estime qu’à partir de 50 ans une femme sur trois et un homme sur cinq souffriront d’une fracture ostéoporotique. Or avant la survenue d’une fracture la maladie n’a pas de traduction clinique et les traitements dont on dispose ne sont prescrits qu’après survenue d’une fracture ou dans d’autres circonstances très précises et limitées, mais ne sont pas indiqués en prévention. Les apports suffisants en calcium et vitamine D de même que l’exercice physique sont les méthodes préventives les plus efficaces.

Comment définit-on l’ostéoporose ?

L’ostéoporose se définit comme une maladie généralisée du squelette caractérisée par une diminution de la masse osseuse et des altérations de la micro architecture osseuse responsables d’une fragilité osseuse exagérée et un risque élevé de fracture. Ces fractures peuvent concerner les vertèbres, en particulier chez la femme après la ménopause, ou l’extrémité supérieure du fémur, le bassin, l’humérus chez les sujets âgés au-delà de 70 ans.

Si avant 75 ans l’ostéoporose atteint surtout la femme ménopausée, après 75 ans les hommes sont autant concernés que les femmes.

Peut-on la prévenir ou en prévenir les conséquences ?

Certains facteurs de risque ne sont pas évitables, comme les facteurs génétiques, endocriniens, ou l’âge mais il est possible d’agir sur certaines causes favorisantes comme le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, les déséquilibres alimentaires. A tout âge des apports suffisants en calcium et vitamine D constituent un bon moyen de prévention. L’activité physique permet également de réduire le risque d’ostéoporose mais aussi de chutes notamment chez la personne âgée.

Le but de ces mesures est d’augmenter la densité minérale osseuse qui rend compte de près de 80% de la résistance de l’os aux contraintes mécaniques.

Comment l’activité physique agit-elle ?

L’os s’adapte aux contraintes mécaniques : la pression exercée sur l’os, soit directement soit par la contraction des muscles (qui s’attachent aux os), stimule des cellules situées au sein de l’os (les ostéocytes) sensibles à la pression qui elles-mêmes vont stimuler les cellules qui forment de l’os (les ostéoblastes). Ce phénomène se produit localement, là où s’exerce la pression, ainsi par exemple les joueurs de tennis auront l’humérus du côté dominant (avec lequel ils jouent) plus épais que l’humérus du coté non dominant et les coureurs à pieds des fémurs plus solides que les sujets sédentaires. Les cellules musculaires produisent également des substances qui stimulent le métabolisme osseux.

A quelle période de la vie doit-on pratiquer une activité physique ?

Pour bien faire durant toute son existence, il existe dans le cas de l’ostéoporose trois périodes essentielles, l’enfance, l’âge moyen de la vie et après 70 ans.

Chez l’enfant l’activité physique est indiquée car à cette période de la vie l’os est particulièrement sensible aux contraintes mécaniques. Ainsi le sport peut rendre les os plus épais chez les sportifs n’ayant pas achevé leur croissance. En outre c’est à la période péri-pubertaire que s’acquiert l’essentiel de la masse osseuse et plusieurs études ont montré qu’une activité physique régulière durant cette période permettait d’augmenter le capital osseux. Or plus le capital osseux est élevé et moins l’ostéoporose peut se manifester à l’âge adulte ou alors apparaîtra plus tardivement.

A l’âge moyen de la vie ce sont surtout les femmes qui sont concernées par l’ostéoporose, liée à la réduction de la production d’oestrogènes. La perte de masse osseuse à ce moment de la vie porte surtout sur les vertèbres mais aussi sur les os longs comme le fémur. L’objectif de l’activité physique est d’éviter ou de limiter la perte de masse osseuse tant au niveau fémoral que vertébral.

Chez les personnes âgées le but est certes de limiter la perte osseuse mais surtout de lutter contre la fonte musculaire et les troubles de l’équilibre à l’origine de chutes et de fractures aux conséquences parfois dramatiques.

Quel type d’activité proposer au cours de ces périodes clés ?

Pour accroître la densité minérale osseuse, donc surtout chez l’enfant et chez les femmes ménopausées, il faut pratiquer des exercices en charge (en position debout avec impacts au sol). Les activités usuelles de la vie quotidiennes sont insuffisantes et il faut faire de la marche rapide, de la course, des exercices de squat ou de soulèvement de charge, du badminton, au moins 2 à 3 fois par semaine pendant 40 à 60 minutes par séance et durant au moins 6 mois pour obtenir un effet positif (mais il est préférable de poursuivre les activités au-delà de ce délai). Pour augmenter la masse osseuse au niveau rachidien, chez les femmes ménopausées, sont conseillés des exercices de flexion de hanche contre résistance ou par contraction isométrique, c’est-à-dire sans déplacement articulaire, de façon quotidienne. L’utilisation des plates formes vibrantes peut constituer une alternative pour augmenter la masse osseuse au niveau fémoral et rachidien. La natation, intéressante pour améliorer l’endurance et la force musculaire, ne permet pas d’accroître la masse osseuse contrairement aux exercices d’aquagym qui, eux, ont un impact positif sur la densité osseuse.

Enfin il faut souligner que le sport peut avoir dans certains cas un effet délétère sur l’os comme on peut le constater chez les jeunes femmes surentrainées (coureuses à pieds bien souvent) qui développent une ostéoporose associée à des troubles du comportement alimentaire (confinant à l’anorexie) et des troubles endocriniens avec aménorrhée (absence de règles).

Chez les personnes âgées les activités précitées sont souvent difficiles voire impossibles à effectuer et il faut proposer des activités comme le vélo ou le golf, des exercices de Tai Chi, de danse qui entretiennent la force musculaire tout en améliorant l’équilibre et donc limitent le risque de chute. L’impact sur la densité osseuse du rachis est faible mais il est positif sur celle du col fémoral ce qui est important chez ces sujets ayant un risque de fracture de l’extrémité supérieure du fémur. Ici aussi une pratique régulière de 2 à 4 heures par semaine est nécessaire.

En conclusion que retenir ?

L’activité physique, outre ses bienfaits sur la santé, est un moyen efficace pour augmenter la masse osseuse et limiter le risque d’ostéoporose. Elle doit être adaptée à chaque période de la vie, effectuée selon des modalités précises et associée aux autres méthodes de prévention de l’ostéoporose.

 

 

 

Rédigé par Dr Philippe Codine


Dr Philippe Codine

Médecine physique et réadaptation CENTRE HOSPITALIER FRANCIS VALS (Port-la-Nouvelle)

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