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La migraine

Mieux comprendre les maux de tête pas comme les autres

La migraine touche aujourd’hui une personne sur cinq et est souvent considérée comme l’une des pathologies les plus invalidantes et coûteuses en termes de perte de productivité. Malgré ces chiffres alarmants il s’agit d’une maladie encore méconnue ou mal comprise par le grand public. Une étude menée en Belgique en 2018 démontre qu’une personne sur trois souffrant de migraine se sent coupable de l’influence de son état sur ses proches.

Comment agir, existe-il une prévention efficace et quelles sont les dernières avancées dans le domaine du traitement des migraines ? Le Dr Alexander Pincherle, médecin spécialiste en neurologie au sein des Hôpitaux Robert Schuman nous propose un point sur la situation.

De quoi parle-t-on ?

La migraine fait partie du groupe des céphalées (maux de tête). Parmi les différents types de maux de tête, l’on distingue deux groupes principaux : ceux dits « primaires » et ceux dits « secondaires ».

  • Les maux de tête « secondaires » sont provoqués par une autre maladie (hypertension, tumeur etc…).
  • Les maux de tête « primaires » quant à eux, ne sont pas liés à une cause anatomique, comme c’est le cas de la migraine. Les manifestations classiques d’une crise migraineuse incluent  des douleurs de tête très sévères qui durent en principe entre 4 et 72 heures. Elles sont souvent accompagnées d’autres symptômes, comme des nausées, vomissements et un état général de malaise. Il existe aussi, plus rarement, des états migraineux qui peuvent durer plusieurs jours.

Même si à l’heure actuelle la cause des migraines reste inconnue, les mécanismes d’apparition des crises sont de plus en plus étudiés et décrits par les chercheurs.

Nous entendons de plus en plus souvent parler du phénomène des migraines. Peut-on parler d’une augmentation de cas de migraine ces dernières années?

Non, les statistiques montrent que  15 %  de la population mondiale est touchée par la migraine et ce chiffre reste stable. Les femmes sont plus fréquemment concernées par le phénomène que les hommes. Certains éléments de notre hygiène de vie comme une quantité de sommeil insuffisante par ex. peuvent être à l’origine des migraines.

Comment différencie-t-on une migraine d’un autre type de maux de tête ?

Bien souvent, les patients qui consultent pour ce problème sont étonnés du fait que les médecins-neurologues ne prescrivent pas plusieurs examens pour établir un diagnostic de  migraine. Ceci est dû au fait que le diagnostic se fait de manière clinique, ce qui veut dire que si l’état du patient répond à certains critères (ou à une combinaison de critères) bien définis, la migraine peut-être clairement diagnostiquée sans qu’il soit nécessaire de devoir procéder à d’autres examens.

Des examens radiologiques  complémentaires sont prescrits en cas de modification des symptômes de la migraine et/ou pour exclure une forme de céphalée secondaire

Qui est le plus concerné ?

Comme précédemment mentionné, ce sont surtout les femmes qui pourront, tout au long de leur vie reproductive, souffrir de migraines. Les premiers signes peuvent se manifester dès la puberté. Souvent les patientes assujetties à la migraine voient leurs crises diminuer ou disparaître pendant la grossesse.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Il est recommandé de consulter un médecin-neurologue dès que les maux de tête commencent à devenir gênants au point de perturber le rythme de vie habituel de la personne concernée par la migraine.

Quels sont les traitements disponibles et quelle est la prévention possible ?

Parmi les traitements médicamenteux, l’on distingue les médicaments symptomatiques et les traitements de prophylaxie. Les médicaments de la première catégorie doivent être pris dès la survenue des symptômes. Les plus connus sont ceux de la famille des triptans. Ils sont en général assez bien tolérés par les patients.

Lors que les crises de migraine surviennent plus souvent, un traitement de prophylaxie peut être prescrit afin de prévenir et réduire la fréquence et l’intensité des crises. Dans ce cas-là, il existe plusieurs types de médicaments possibles.

Parmi les traitements non-médicamenteux qui peuvent s’avérer efficaces, l’on peut citer l’ostéopathie, l’acupuncture, le suivi d’un régime alimentaire équilibré ou encore la pratique d’une activité sportive régulière. Des études scientifiques ont démontré que la consommation de certains aliments, comme le chocolat, les fromages très épicés par ex. ou encore l’alcool, peut déclencher des crises de migraine.

En principe la meilleure prévention des migraines reste une bonne hygiène de vie : dormir entre 7 et 8 heures par nuit, manger équilibré, éviter le stress et faire du sport régulièrement…

Quels sont les dernières évolutions dans le domaine du traitement des migraines ?

Il existe depuis 2018 une thérapie fondée sur l’utilisation d’anticorps monoclonaux qui ciblent les substances spécifiques produites dans le cerveau au début d’une crise de migraine. Cette thérapie vise non seulement le soulagement des crises de migraine, mais aussi leur prévention. Cette nouvelle méthode consiste à inhiber le processus biologique de production des substances cérébrales qui causent les migraines. Le traitement est administré sous forme d’injection une fois par mois chez des patients pour lesquels les traitements plus classiques n’ont pas donné de résultats satisfaisants. Ce traitement est maintenant également proposé au Luxembourg.

En savoir plus

Article sur les nouvelles approches prometteuses contre les crises de migraine

Rédigé par Dr Alexander Pincherle


Dr Alexander Pincherle

Le Dr Alexander Pincherle est médecin spécialiste en neurologie au sein des Hôpitaux Robert Schuman.

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