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Santé du cœur

Les optimistes auraient plus de chance d’échapper à une maladie cardiaque

Les personnes optimistes auraient un cœur en meilleur santé que les pessimistes : c’est le principal résultat d’une étude publiée dans la revue américaine Health Behavior and Policy Review dans son numéro de janvier/février 2015. Pourquoi ? Quelles leçons en tirer ?

Optimisme et santé cardiaque, de quoi parle-t-on ?

Des chercheurs de l’Université d’Illinois (Etats-Unis) ont collecté des données multiples auprès de 5100 adultes de 52 à 84 ans entre 2002 et 2004 dans six régions des Etats-Unis. Des données physiologiques : pression sanguine, indice de masse corporelle, consommation alimentaire, activité physique, usage du tabac, taux de cholesterol. Des données socio-démographiques et concernant la santé mentale. Mais aussi des données psychologiques via un test avec des affirmations, dont celles-ci : «Je suis toujours optimiste face à mon avenir ». Un suivi durant onze ans a permis de constater l’évolution de la santé cardiaque de chaque personne étudiée.

Dans la durée, les meilleurs scores au niveau physiologique sont toujours obtenus par les personnes les plus optimistes, y compris pour le taux de cholestérol et le taux de sucre sanguin. Ces personnes pratiquent plus d’activités physiques que les autres, fument moins et ont moins de stress négatif. Surtout, leur santé cardiaque est pour la plupart idéale : les optimistes auraient deux fois plus de chance que les pessimistes de conserver une bonne santé du cœur.

Quel intérêt ?

Cette étude est apparemment la première à avoir été réalisée sur une aussi grande échelle avec des personnes présentant des caractéristiques aussi variées. Elle indique que la prévention cardiaque ne peut pas être uniquement gérée du point de vue physiologique : le bien-être psychologique serait essentiel aussi, et en particulier l’attitude positive. Néanmoins, cela ne veut pas dire que les pessimistes verront tous une maladie cardiaque se developper ! Selon le Dr Dimmer, cardiologue aux Hôpitaux Robert Schuman, « il est difficile de savoir si c’est l’optimisme en lui-même qui est facteur de meilleur santé ou bien si l’optimisme conduit à des habitudes de vie plus saines en raison d’une vision plus positive de la vie et d’une envie de vivre beaucoup plus forte ».

Et l’optimisme au Luxembourg ?

Aucune étude spécifique n’existe à propos de l’optimisme au Luxembourg. Il faut juste noter, qu’au Luxembourg comme ailleurs, le stress négatif peut venir soit de l’entourage, soit d’un poste de travail exposé à de nombreuses contraintes, soit de la fréquentation de certains lieux. A ce propos, le Centre français d’expertise Mort Subite a publié en mars 2015 une étude indiquant que 20% des arrêts cardiaques survenaient dans les cinq grandes gares de Paris… « Attention ! », précise le Dr Dimmer, « tous les stress ne sont pas négatifs et donc facteur de risque sur le plan cardiaque. Il existe aussi des stress positifs très utiles : ils nous procurent stimulation et énergie pour réussir ! »

Le conseil à suivre

Beaucoup d’études, liées ou non à une maladie particulière, soulignent le rôle positif de l’optimisme sur l’état de santé ou sur la capacité à retrouver un état de santé meilleur. En réduisant le niveau et l’impact du stress et de l’anxiété sur l’organisme, l’optimisme permet notamment de disposer d’un système immunitaire plus performant. Parmi ces études, l’une des plus spectaculaires est celle du Dr. Dennis Charney, doyen de la Mount Sinai School of Medicine : il a examiné 750 anciens prisonniers américains détenus au Vietnam durant 6 à 8 ans, dont la caractéristique commune était de ne montrer aucun signe de dépression ou de stress post-traumatique. Il détermina 10 critères expliquant cet état, l’optimisme étant classé critère numéro un (juste avant la générosité et le sens de l’humour). Le Dr Dimmer observe ainsi que parmi ses malades, « les plus sujets à l’anxiété et au pessimisme sont les personnes qui ne présentaient aucun facteur de risque particulier ». « Ces personnes-là sont prises par surprise et réagissent plus négativement car elles ne comprennent pas comment la maladie a pu survenir. A l’inverse, les personnes à risque et conscientes de l’être vivent beaucoup mieux l’accident cardiaque. »

Vous voulez en savoir plus ?

Lien vers la revue Health Behavior and policy Review : http://www.parisscholarpublishing.org/

Lien vers l’étude Optimism and Cardiovascular Health: Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA) :

http://ingentaconnect.com/content/psp/hbpr/2015/00000002/00000001/art00006

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Rédigé par Dr Carlo Dimmer


Dr Carlo Dimmer

Dr Carlo Dimmer est cardiologue à l'Hôpital Kirchberg.

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