J'AGIS SUR ... MA GROSSESSE

Journée Mondiale du Rein

Le rein et la femme

Engagés dans les actions de sensibilisation et de prévention des maladies rénales, les Hôpitaux Robert Schuman  se mobilisent, cette année encore, pour relayer localement la « Journée Mondiale du Rein », dont le thème 2018 est « Le Rein et la Santé des femmes ». L’action s’est déroulée en dehors des murs de l’établissement hospitalier, au sein de la banque BGL BNP Paribas, partenaire pour l’occasion de la manifestation. Interview de Prof. Claude Braun, nephrologue et Directeur médical des Hôpitaux Robert Schuman sur la santé des reins au féminin. 

Est-ce que les femmes sont plus à risque que les hommes de développer des problèmes / maladies des reins ?

Très peu d’études scientifiques portent sur le sujet. Bien que moins touchées que les hommes par l’insuffisance rénale sévère (elles représentent 45 % des personnes en insuffisance rénale chronique terminale- stades 4 et 5), on remarque que plus de femmes sont traitées dans les stades précédents. Des facteurs hormonaux et environnementaux jouent un rôle dans le développement des maladies du rein.
La néphropathie lupique, par exemple, est une maladie rénale causée par une maladie auto-immune qui a pour caractéristique que le système immunitaire du corps attaque ses organes, dont les reins. Cette maladie touche généralement les femmes.
On remarque également que certaines polykystoses rénales (maladies héréditaires monogéniques du rein), touchent les femmes plus tardivement que les hommes (entrée en stade terminal de la maladie environ 10 ans plus tard).

Y a-t-il un moment de la vie où la femme doit être davantage attentive ?

  • La grossesse : la prééclampsie est une maladie de la grossesse. Causée par un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins du placenta, elle se caractérise par une tension anormalement élevée et trop de protéines dans les urines (signe que le rein souffre) chez la mère. Ses complications peuvent être sérieuses et nécessitent un suivi (pendant et après la grossesse).
  • Jeunes femmes : l’infection urinaire est une infection qui peut toucher une ou plusieurs parties du système urinaire : les reins, les uretères, la vessie et l’urètre. Les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes, car l’urètre de la femme, plus court que celui de l’homme, facilite l’entrée des bactéries dans la vessie.
  • “cystite lune de miel : c’est une inflammation de la vessie touchant essentiellement les jeunes femmes ayant de fréquents rapports sexuels. Il ne s’agit pas d’une contamination par leur partenaire, mais d’un problème mécanique lié à l’anatomie de l’urètre. Les rapports sexuels favoriseraient aussi l’intrusion de ces bactéries en entraînant une ouverture momentanée de l’orifice de l’urètre. La pyélonéphrite est une infection potentiellement grave qui concerne un seul ou les deux reins. Une pyélonéphrite apparaît souvent après une cystite mal soignée ou résistante au traitement.

Y a-t-il des conseils de prévention spécifiques pour les femmes ?

Le diabète et l’hypertension sont devenus les premières causes de maladies rénales, peu importe le sexe.
L’important est d’agir sur les facteurs de risque :

  • faire de l’exercice physique et maintenir un poids raisonnable.
  • le tabagisme aggrave les maladies sous-jacentes. On remarque que les habitudes tabagiques des femmes rejoignent de plus en plus celles des hommes.
  • ne pas manger trop salé, qui peut contribuer à l’augmentation de la tension artérielle. (5-6g par jour) : attention au pain, plats préparés…

Boire 3 litres d’eau par jour : mythe ou réalité ?

Plutôt un mythe ! Pour un rein en bonne santé 1,5L-2L d’eau par jour suffisent. Aucune preuve scientifique ne démontre qu’une quantité supérieure à 2L ait des effets bénéfiques. Bien évidemment, pour les personnes souffrant de calculs rénaux, la quantité d’eau recommandée est supérieure : 3L et plus.
Aujourd’hui, le nombre de patients souffrant de maladies rénales est de plus en plus important (plus de 6% au Luxembourg, tout comme dans nos pays limitrophes), c.à.d. plus de 30.000 personnes au Luxembourg sont concernées, souvent sans en avoir conscience. En effet, la progression des maladies rénales est si lente qu’elle peut rester silencieuse jusqu’à ce que d’importants dommages soient déjà réalisés.

Rédigé par Prof Dr Claude Braun


Prof Dr Claude Braun

Prof Dr Claude Braun est médecin spécialiste en Médecine interne. Prof Braun occupe le poste de Directeur Médical Pôle Médecine Interne.