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Journée mondiale de l'ostéoporose

La prévention chez la personne âgée

L’ostéoporose est une maladie qui touche très fréquemment les personnes âgées et qui peut parfois avoir de graves conséquences. C’est pourquoi il est important de bien connaître les principaux facteurs de risques et quelques moyens de prévention qui existent pour limiter la perte osseuse, la fonte musculaire et les troubles de l’équilibre à l’origine de chutes.

Quels sont les principaux facteurs de risque de l’ostéoporose chez la personne âgée ?

– l’âge sup. ou égal 80 ans
– l’antécédent familial de fracture de hanche chez la mère
– une autre fracture depuis l’âge de 50 ans
– histoire d’hyperthyroïdisme
– un traitement (même antérieur) aux benzodiazépines à longue durée d’action
– une médication anticonvulsive
– un poids actuel inférieur au poids à 25 ans
– une taille à 25 ans sup. ou égale 168 cm
– être debout moins de 4 h/j
– ne pas pratiquer la marche comme exercice physique
– être incapable de se lever d’une chaise sans appui sur les bras
– une vision déficiente, peu de sensibilité aux contrastes ou un manque de vision stéréoscopique
– un pouls sup. à 80 par minute au repos.

Quelques exemples de la fracture de hanche et de ses conséquences chez la personne âgée (Cooper AM. J.Med, 1997) :

Dans l’année qui suit la fracture de hanche :

– 20% de mortalité chez les femmes
– 36% de mortalité chez les hommes
– 27% des personnes atteintes vont entrer pour la première fois dans une maison de convalescence
– 40% ne peuvent plus marcher sans assistance
– 60% ont des difficultés dans les gestes essentiels de la vie courante (faire sa toilette,…)
– 80% ont des difficultés dans d’autres activités quotidiennes (courses, voiture,…)

Comment prévenir l’ostéoporose et ses conséquences sur la santé des personnes âgées ?

Les différents moyens de prevention sont la nutrition, l’hygiène de vie mais également la prévention des chutes.

a. Les facteurs nutritionnels

Le calcium :

C’est le facteur nutritionnel le plus important. Idéalement, il doit être apporté par l’alimentation.
A l’âge adulte, les besoins en apports de calcium des hommes et femmes sont estimés à 900 mg/j, soit 3 portions de produits laitiers /j.
Apres la ménopause, les besoins augmentent et sont estimés à 1200 mg/j. or, on constate en France que la ration calcique moyenne des femmes de plus de 50 ans est de 690 mg/j et de 790 mg/j chez l’homme de plus de 65 ans.
Chez la femme ménopausée, une supplémentation calcique pourrait permettre de diminuer la perte osseuse de 1% par an.
Une revue de 16 études portant sur les effets d’une supplémentation calcique sur la survenue de fractures du col fémoral chez des femmes post-ménopausées a trouvé qu’une augmentation des apports calciques de 1 g/j serait associée à une réduction de 24% du risque de fracture du col du femur.

Voici quelques aliments riches en Calcium : lait, yaourt, fromage, boissons au soja, légumes verts (choux, brocolis, épinards, cresson), les fruits (abricots, oranges, figues, amandes, raisins secs), les poissons gras (sardines, harengs, …), les céréales (pâtes, pain, riz).

La vitamine D :

Elle n’est pas apportée majoritairement par l’alimentation (saumon, sardines, flocons d’avoine, foie, …).
Les 2/3 des besoins sont produits par les cellules profondes de l’épiderme sous l’action des UV. Avec l’Age, on observe une diminution de la production de vitamine D par la peau, aggravée par une moindre exposition solaire.
En Europe, l’insuffisance en vitamine D concerne 36% des hommes et 47 % des femmes, les personnes âgées étant les plus touchées (60% des plus de 75 ans).
Au Luxembourg, une étude récente faite par le Luxembourg Institute of Health (LIH) a confirmé qu’environ 80% de la population luxembourgeoise souffrait d’une carence en vitamine D.
Les patients âgés institutionnalisés sont carencés pour 40 à 80% d’entre eux.

L’hypovitaminose D chez la personne âgée peut être également la conséquence de l’altération du métabolisme de la vitamine D (insuffisance hépatique et rénale), d’apports alimentaires insuffisants, de la diminution de la biodisponibilité (malabsorption, obésité avec séquestration de la vitamine D dans la graisse), de l’augmentation du catabolisme (antiépileptiques, glucocorticoïdes, immunosuppresseurs) et des pertes urinaires de la vitamine D (syndrome néphrotique).

Les protéines :

La carence protéique joue un rôle déterminant sur le statut osseux et le risque de fracture.

Dans une étude randomisée contre placebo, une supplémentation de 20g/j de protéines chez des personnes âgées de plus de 60 ans présentant une fracture récente du col fémoral et recevant déjà 550 mg de calcium et 200 000UI dose unique de vitamine D, a permis une réduction de la diminution de la densité minérale osseuse fémorale de 50 %.

Une hygiène de vie bénéfique :

– Faire de l’activité physique : Le Tai chi et le yoga permettent l’entretien de la musculature, l’amélioration de l’équilibre et de la coordination, une augmenter de la vitesse de la marche et la confiance lors de déplacements de la personne âgée ostéoporotique avec réduction du risque de chute. La marche à pied (au moins ¾ h), la course à pied et la gymnastique permettent par ailleurs le renforcement osseux.

– Lutter contre le tabagisme et l’alcoolisme

– Maintenir un poids et un IMC normaux

b. La prévention des chutes

Afin de prévenir le risque de chutes il est important de :

  • Surveiller le rythme cardiovasculaire régulièrement
  • Vérifier la vue ou les lunettes
  • Avoir une bonne santé des pieds
  • Réduire la consommation médicamenteuse ou tabagique
  • Aménager son domicile en conséquence:

Retirer les tapis ou bien les fixer, éviter les zones d’ombre, privilégier du mobilier stable,
des rangements adaptés dans la cuisine, aménager les toilettes et la salle de bain avec une barre d’appui et des WC rehaussés, avoir des chaussures anti dérapantes et enfin faire attention aux animaux de compagnie qui peuvent être un obstacle au parcours de marche.

….

 Vous-voulez en savoir plus ?

Ostéoporose et activité physique

 

 

 

  

Rédigé par Dr Nervela Marcic


Directrice médicale du Pôle Gériatrie des Hôpitaux Robert Schuman

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