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Traitement des traumatismes

EMDR : une méthode originale pour retrouver la sérénité

Le « Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) » est un traitement psychothérapeutique utilisé par les médecins et les psychologues formés pour traiter les traumatismes sévères et légers. Le principe : remettre le patient au contact de ses émotions, de ses sensations corporelles et de ses cognitions (pensées et croyances) par rapport à l’évènement traumatique en désensibilisant puis en retraitant les informations. Faisons le point sur le sujet avec les psychologues Anne Faes et Giuliana Andreini.


De quoi parle-t-on ?

L’EMDR s’est développé en 1987.   Au début, il a été utilisé pour traiter les traumatismes majeurs, notamment dans les contextes de guerres pour les soldats. Il est maintenant appliqué également pour les traumatismes plus légers (épisodes de vie éprouvants, contextes traumatiques à l’origine d’anxiété ou de dépression…). Son objectif : libérer l’information bloquée suite au traumatisme afin de permettre au patient de mieux « la digérer ».

EMDR signifie « Désensibilisation et retraitement par le mouvement des yeux » :
• Désensibilisation = réduction de l’émotion ressentie au rappel de l’évènement difficile.
• Retraitement = traitement des souvenirs liés à l’évènement traumatique (et qui sont restés bloqués et non pu être « traités » de manière naturelle.
• Mouvement des yeux = un mouvement bilatéral des yeux (de gauche à droite et de droite à gauche) pour s’assurer que les 2 hémisphères du cerveau prennent part à la procédure de retraitement.

À la différence d’autres méthodes, l’EMDR fait avant tout appel au physique et au sensoriel. Les mouvements oculaires sont à la base de l’EMDR. Cela s’inspire des mouvements réalisés par les   yeux durant le sommeil mais la stimulation bilatérale peut aussi se faire par des stimulations auditives ou corporelles (sons, tapotements). L’objectif est de délaisser la dimension rationnelle au profit des images, des sensations, des ressentis, des associations d’idées spontanées. Cette thérapie permet une résolution plus rapide des symptômes liés aux évènements difficiles du passé.

Qui est concerné ?

L’EMDR n’est efficace que si le patient est un acteur conscient de la thérapie. Cette méthode thérapeutique est contre-indiquée chez les personnes souffrant de troubles dissociatifs (vu le risque que la personne traitée s’absente de son corps et reste figée dans les pensées liées à son traumatisme). L’EMDR n’est également pas conseillé chez des personnes souffrant de troubles psychotiques aigus.
Le patient doit aussi disposer en lui-même de ressources suffisantes pour bénéficier de l’EMDR. Par exemple, il est essentiel que le patient puisse installer suffisamment d’apaisement en lui. L’angoisse ne doit pas le submerger lors de la thérapie.

Comment se déroule la thérapie ?

Le travail avec le patient commence par une exploration de son histoire via des entretiens. Il s’agit de créer une « alliance thérapeutique » entre le patient et le thérapeute, afin d’établir un climat de confiance entre eux deux. Il s’agit de déterminer ainsi la ou les cibles qui devront être traitées via l’EMDR. En effet, les symptômes ne suffisent pas à définir le problème réel : le symptôme n’est qu’un reflet de la source du problème. Le patient peut également rattacher son traumatisme à des croyances enracinées en lui et qu’il faut identifier. Le travail avec l’EMDR suppose un nombre de séances dépendant de chaque individu.

Une séance s’effectue sur trois plans temporels (le passé, le présent et le futur) et selon huit phases :
1. Anamnèse : Collecte des informations sur l’histoire du patient, sur les souvenirs traumatiques qui influencent le patient dans le présent, les objectifs souhaités et les ressources adaptatives.
2. Préparation : Explication des bases de l’EMDR. Proposition d’aide « d’ajout » de ressources si besoin avant de commencer le traitement (comme par exemple apprendre à se relaxer).
3. Évaluation : déterminer les souvenirs qui feront l’objet du traitement.
4. Désensibilisation : Phase de stimulation bilatérale (suivi du doigt du thérapeute de gauche à droite et droite à gauche, bruits successifs à gauche et à droite, claquement des doigts, stimulation tactile, tapotements sur les genoux, etc.) afin d’encourager l’émergence d’associations mentales ou métaphoriques. Certains ressentent des changements surtout émotionnels.
5. Installation : Vérification de la fin du traitement, via l’association d’une idée positive souhaitée à ce qu’il reste du souvenir de l’événement traumatisant.
6. Balayage corporel : Faire passer en revue au patient ses sensations corporelles pour s’assurer que le souvenir n’a laissé aucune trace.
7. Conclusion : Faire en sorte que le patient se trouve dans un état émotionnel stable à la fin de la séance.
8. Réévaluation (à la séance suivante) : Evaluation de l’impact émotionnel et corporel du traitement précédent entre les séances et au moment même.

Quels bénéfices ?

Lors de traumatismes ou d’expériences difficiles, l’être humain a tendance à vouloir leur donner un sens. Le problème est que, fréquemment, le sens donné est erroné et entraine la création de croyances irrationnelles et erronées. L’EMDR permet de remettre ces croyances irrationnelles à leur juste dimension et à leur juste place, afin de permettre au patient de construire sa vie sur de nouvelles bases.

Vous voulez en savoir plus ?
http://www.emdr-france.org/web/quest-therapie-emdr/

Rédigé par Acteurdemasanté


Acteurdemasanté

Acteurdemasante réunit un ensemble d'auteurs non permanents dont, des professionnels de santé, des membres des Hôpitaux Robert Schuman, des représentants d'associations en lien avec le domaine de la santé et des patients souhaitant témoigner et faire partager leur expérience avec les lecteurs du blog.