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Dialyse

Dialyse péritonéale : Plus d’autonomie et de flexibilité pour les patients dialysés

Le nombre de personnes atteintes par une insuffisance rénale chronique n’arrête pas d’augmenter au niveau mondial. Lorsque les deux reins ne fonctionnent plus correctement le corps doit être libéré des toxines, des minéraux et de l’eau excédentaire à travers la dialyse. En dehors d’une transplantation rénale il existe encore deux solutions pour purifier le sang, il s’agit de l’hémodialyse et de la dialyse péritonéale. Prof Dr Uwe Göttmann, néphrologue à l’Hôpital Kirchberg nous en dit plus.

 

De quoi s’agit-il ?

L’hémodialyse est une thérapie très répandue et proposée au Luxembourg dans les 5 grands hôpitaux. Elle consiste à faire passer le sang dans un dialyseur à l’extérieur du corps afin de le purifier. Pendant le circuit, le sang du patient est purifié à l´aide d´une membrane semiperméable qui sépare le sang du liquide spécial appelé «dialysat» Dans le cas de l’hémodialyse l’épuration du sang se passe à l’extérieur du corps tandis qu’en dialyse péritonéale (DP), les échanges se passent dans le corps (l’abdomen du patient) où le péritoine joue le rôle d’une membrane semiperméable naturelle.

Comment cela fonctionne ?

Le péritoine est composé de deux parties : l’une couvre la paroi abdominale, tandis que l’autre entoure les organes abdominaux. Les deux ensemble se superposent en continuité et forment ainsi la cavité péritonéale. Le péritoine peut atteindre 1 à 2 m2 et est très bien irriguée, ce qui favorise son utilisation comme membrane naturelle. En dialyse péritonéale, le patient introduit lui-même le dialysat (la solution stérile composée d’eau et de minéraux utilisée également en hémodialyse) dans la cavité abdominale à travers un cathéter installé chirurgicalement. Le principe d’échange est le même comme en hémodialyse : les toxines et les autres éléments en excès «migrent» du sang vers la solution de dialyse au travers de la membrane péritonéale. Le liquide saturé des éléments toxiques en quelques heures sort par le cathéter et est ensuite remplacé par une nouvelle dose de solution de dialyse. Afin d’aider le corps à éliminer l’excès d’eau, la plupart des solutions stériles contiennent du sucre (glucose). Le liquide de dialyse doit être changé en moyenne 4 fois par jours. Dans certains cas il est possible d’effectuer sa séance de dialyse pendant la nuit : le patient doit alors brancher son cathéter sur le matériel de dialyse avant d’aller au lit, et le traitement est réalisé par une machine spécialement adaptée (appelée «cycler»).

Quel type de dialyse dans quel cas ?

En général, le patient choisit ensemble avec son néphrologue et son entourage la thérapie qui lui convient le mieux en fonction de ses autres maladies éventuelles et de son mode de vie. Par exemple dans le cas de patients souffrant d’une grave pathologie cardiaque, c’est la dialyse péritonéale qui est recommandée car elle est considérée comme plus physiologique et plus proche du fonctionnement naturel du rein, ce qui permet une épuration du corps plus «douce».
En revanche, les patients ayant subi des interventions chirurgicales au niveau de l’abdomen ne peuvent pas toujours avoir recours à une DP. Les patients doivent être en mesure d’effectuer les changements du liquide de dialyse, soit tout seuls soit avec l’aide d’un proche.

Quels avantages d’une thérapie en dialyse péritonéale ?

  • Un des avantages de la DP est le fait qu’elle assure une épuration du sang en continu, tous les jours, 24/24h
  • L’élimination de liquide se déroule doucement et progressivement et non comme en hémodialyse 3 fois par semaines (durée d’une séance 4 heures) (12 heures en hémodialyse contre 168 heures pour la DP)
  • Grâce à l’épuration du sang effectuée en continu, le régime alimentaire des patients ne doit pas être si rigide en ce qui concerne les produits contenant du potassium comme les fruits et les légumes frais
  • La DP permet aux patients d’être plus autonomes dans leur vie quotidienne et la thérapie réalisée pendant la nuit facilite le retour au travail
  • En cas de déplacement ou voyage, le patient n’a pas besoin de se rendre dans un centre de dialyse plusieurs fois par semaine

 Et les inconvénients…

L’inconvénient est que le patient doit apprendre à utiliser tout seul le matériel de dialyse. Il porte la responsabilité de la conduite correcte de sa thérapie. Ainsi la DP s’avère difficilement applicable pour certains patients souffrant d’une démence ou qui ne souhaitent pas s’occuper eux-mêmes de leur séance de dialyse. Il faut savoir qu’au tout début de la thérapie les patients sont formés et un suivi régulier est assuré par les professionnels de la santé.

Au Luxembourg

La dialyse péritonéale est proposée dans la plupart des services néphrologiques au Luxembourg, cependant, elle reste pour le moment très peu appliquée. Les patients doivent se faire présenter par leur néphrologue les deux types de dialyse. En principe il est souvent possible de rencontrer et échanger avec des patients qui suivent déjà l’une ou l’autre thérapie avant de prendre la décision quant au type de dialyse choisi.

 

Vous voulez en savoir plus

Dialyse péritonéale

 

 

 

 

 

Rédigé par Dr Uwe Goettmann


Dr Uwe Goettmann

Prof. Dr. Uwe Göttmann est médecin spécialiste en médecine interne et néphrologie au sein des Hôpitaux Robert Schuman.

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