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Dépistage du cancer du sein

Avantages et inconvénients

Le dépistage est primordial dans la lutte contre le cancer. Détecter tôt, le cancer du sein pourra être mieux traité, c’est-à-dire proposer des traitements moins lourds conservant le sein et augmenter les chances de guérison. Le dépistage repose sur l’autopalpation des seins, l’examen des seins par le médecin, la mammographie complétée si besoin par l’échographie mammaire. Quels sont les avantages du dépistage ? Quelles sont ses limites ? Dr Laurent Juncker, Médecin gynécologue et Directeur medical du pôle Femme, Mère, Enfant des Hôpitaux Robert Schuman nous en dit plus.

Quels sont les avantages ?

  • Une longueur d’avance sur la maladie: le dépistage permet de détecter au plus tôt les tumeurs de petite taille avant l’apparition des premiers symptômes.
  • De meilleurs chances de guérison : de manière générale, plus les cancers du sein sont détectés tôt et plus les chances de guérison sont importantes. La mammographie permet de réduire la mortalité par cancer du sein de 20 à 30% chez les femmes de plus de 50 ans des pays à revenu élevé lorsque le taux de dépistage est supérieur à 70% (IARC, 2008).
  • Proposer des traitements moins lourds : un dépistage précoce du cancer du sein permet d’avoir une des traitements moins lourds et moins agressifs permettant de conserver le sein et réduit le risque d’avoir de la chimiothérapie, le cancer mis en évidence étant plus petit. Par conséquent, les séquelles sont moins importantes également.
  • Un suivi régulier : le Programme Mammographie organisé par le Ministère de la Santé invite systématiquement toutes les femmes de 50 à 70 ans tous les 2 ans à passer une mammographie pour dépister le cancer du sein. Cette mammographie est entièrement prise en charge par la CNS.
  • 2 lectures pour un contrôle qualité : Les clichés sont lus par 2 radiologues agrées de façon indépendante : par le radiologue de la clinique choisie pour une 1ère lecture, puis par le radiologue-sénologue du Centre Coordinateur pour une 2ème lecture.

Quelles sont les limites du dépistage ?

  • Le surdiagnostic: le cancer du sein est une maladie, qui peut se « comporter » de façon très différente d’une personne à l’autre. Le diagnostic ne permet pas de distinguer les cancers qui vont évoluer, et qui sont majoritaires, de ceux qui évolueront peu ou qui n’auraient jamais eu de signification clinique pendant la vie des femmes. Il est jugé cependant de tous les traiter. On parle alors de « surdiagnostic ».
  • L’exposition aux rayons X : La mammographie expose à des rayons X. Toute exposition à des radiations ionisantes entraîne un risque. Le risque est associé à la dose et à l’âge lors de l’exposition. Après 50 ans, la composition des seins se modifie et les doses de rayons nécessaires à la mammographie sont plus faibles. Les appareils utilisés au Luxembourg sont de bonne qualité et contrôlés régulièrement sur base de normes européennes. Le bénéfice apporté par le dépistage par mammographie est supérieur au risque encouru.
  • Le cancer de l’intervalle : survenant entre 2 dépistages, ces situations sont cependant rares. Il est de l’ordre de 1 ou pour mille.
  • Faux positif : des investigations complémentaires sont menées si la mammographie met en évidence des anomalies, afin d’établir un diagnostic. Dans la plupart des cas, il s’avère finalement que les anomalies découvertes sont bénignes et qu’il ne s’agit pas de cancer. On parle alors de résultat faux positif, ce qui peut être source d’anxiété.

 

En savoir plus avec ONCO-LEARNING :

L’espace s’adresse à toutes les personnes concernées par le cancer du sein, le malade, mais aussi ses proches, indirectement touchés par cette pathologie et potentiellement acteurs dans sa guérison. Cette plateforme a été développée par les Hôpitaux Robert Schuman en collaboration avec Europa Donna Luxembourg, coalition européenne contre le cancer.

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Rédigé par Dr Laurent Juncker


Dr Laurent Juncker