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L'andropause

La ménopause des hommes

L’andropause est pour l’homme l’équivalent de la ménopause pour la femme. Un phénomène très méconnu sur lequel nous donnons un coup de projecteur.

De quoi parle-t-on ?

L’andropause, que l’on appelle encore par définition androgénique lié à l’âge, correspond à la diminution de la production d’hormones mâles (androgènes), et forte diminution de la fertilité. Par comparaison avec la ménopause, l’andropause survient beaucoup plus tardivement chez l’homme que chez la femme. Lors de la ménopause, l’activité de l’ovaire ne s’arrête pas mais son fonctionnement est très fortement diminué (de l’ordre de 90 à 95 %). L’andropause, elle, correspond à la diminution progressive des fonctions des testicules avec un impact clinique sur les caractéristiques physiques de l’homme. L’andropause est à la fois fonction de l’âge et de l’état de santé général de la personne. Ainsi, un cancer accompagné de chimiothérapies ou bien une maladie grave ont généralement des conséquences sur la production de spermatozoïdes et sur l’activité hormonale.
L’andropause est encore un sujet tabou, ce qui explique la méconnaissance du grand public à son sujet. Le mythe de l’homme éternellement viril a encore la vie dure… Mais la nature même de l’andropause est la cause de cette méconnaissance : en effet, l’andropause ne produit pas d’effets physiques chez l’homme aussi évidents que chez la femme. Par exemple, le trouble de l’érection, qui touche 50% des hommes après 50 ans, n’est en effet pas corrélé nécessairement à une andropause. C’est un syndrome reconnu médicalement, mais dans la pratique sa prise en compte s’avère peu fréquente.

Qui est concerné ?

L’andropause est le pendant masculin de la ménopause : il concerne avant tout les hommes de plus de 50 ans.

Quels sont les principaux symptômes ?

Les principaux symptômes de l’andropause sont : une diminution de la libido, une difficulté à obtenir une érection spontanée de qualité, des problèmes locaux au niveau des seins, une altération de la composition corporelle, raréfaction de la pilosité de la face, perte des poils pubiens et axillaires, diminution ou atrophie des testicules, baisse de la fertilité, fractures de fragilité (survenant par un traumatisme minime) bouffées de chaleur…. Peuvent s’y ajouter les manifestations suivantes : tendances dépressives, pertes de concentration, altération de la qualité du sommeil, anémie, diminution du tonus musculaire et de la force, augmentation de la masse grasse, diminution des performances physiques.
La recherche sur l’andropause est associée à celle concernant le vieillissement en général ; un sujet encore très mal connu, tant il concerne de nombreux sujets simultanément : vieillissement cérébral, vasculaire, endocrinologique…  Ceci explique le manque de connaissances concernant encore aujourd’hui l’andropause.

Quelle prévention ? Que peut-on faire ?

Il est possible d’exercer une prévention de l’andropause en veillant à restreindre les effets négatifs du stress oxydatif. Pour cela, l’exercice physique, une alimentation saine sans excès de protéines animales, une consommation d’alcool et de tabac limitées, un repos régulier, sont fortement conseillés. Tous ces messages suivent le bon sens et les recommandations issues d’études cliniques multiples.

Quels soins sont pratiqués ?

De même que pour la ménopause, le traitement de l’andropause fait l’objet d’une controverse. Face au bénéfice potentiel sur l’ensemble des signes que nous venons de citer se dresse le risque de la survenue ou de l’aggravation d’un cancer de la prostate.
Un traitement de l’andropause est possible par l’ajout de testostérone dans l’organisme, mais cela suppose de prendre en compte l’état de la prostate afin d’éviter une pathologie cancéreuse.
A l’heure actuelle, la principale indication thérapeutique est l’ostéoporose masculine révélée par des fractures à basse énergie, c’est à dire un traumatisme non violent comme une chute en marchant sur un terrain plat. Le déficit en androgènes sera d’autant plus mal toléré qu’il survient chez un sujet jeune, créant alors un tableau floride qui nécessitera un traitement.
Il faut cependant se méfier des officines anti-ageing ne suivant pas les recommandations internationales et qui propose des thérapeutiques chères, non remboursées et surtout non validées sur le plan scientifique. Cette approche n’est légitime que dans le cadre d’une véritable démarche médicale au sens strict du terme.

Vous voulez en savoir plus ?

http://www.urofrance.org/nc/science-et-recherche/base-bibliographique/article/html/deficit-androgenique-lie-a-lage-synthese-diagnostique.html

 

Rédigé par Dr Marc Rancier


Dr Marc Rancier

Dr Marc Rancier est médecin spécialiste en Endocrinologie, Maladies du métabolisme et de la nutrition aux Hôpitaux Robert Schuman.