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Le dossier du mois

e monde de la cardiologie évolue très rapidement actuellement avec des nouveautés prometteuses. Que peuvent apporter ces nouveautés aux patients concernés ? Que faut-il en penser ? Notre dossier du mois fait le point et vous aide à comprendre l’essentiel.

 

Cœur bio-artificiel

Un nouvel espoir pour 100.000 personnes

En décembre 2013, deux professeurs français ont réussi une première mondiale : l’implantation d’un cœur artificiel totalement autonome.  Une prouesse médicale et technique qui pourrait changer la vie de 100.000 personnes en Europe et aux Etats-Unis, actuellement trop âgées pour bénéficier d’une greffe. Sans parler de tous ceux qui sont en attente de donneurs.

De quoi parle-t-on ?

Le 18 décembre 2013, un cœur bio-artificiel autonome, conçu par la société française Carmat, a été implanté pour la première fois à l’hôpital Georges-Pompidou (Paris) dans la poitrine d’un patient souffrant d’insuffisance cardiaque terminale. L’opération a été menée par les professeurs Christian Latrémouille et Daniel Duveau, sous la direction du Pr Alain Carpentier, concepteur du projet. Âgé de 75 ans, l’homme qui porte ce cœur artificiel souffrait depuis dix ans d’une insuffisance cardiaque évoluant vers une forme réfractaire à tout traitement. 75 jours après son opération, ce premier patient est décédé le 3 mars 2014. Cette longévité post-opératoire est en soi un exploit quand on sait que la mortalité un mois après une transplantation ordinaire est de 20 %.

Trois autres implantations du cœur bio-artificiel sont prévues dans le cadre des essais cliniques. Les médecins espèrent ainsi apporter aux malades au minimum cinq ans d’espérance de vie avec cet appareil. Quatre hôpitaux en Belgique, Pologne, Slovénie et Arabie saoudite ont été habilités pour l’opération.

Qui est concerné ?

La société Carmat assure que son cœur artificiel pourrait sauver chaque année la vie de dizaines de milliers de patients sans risque de rejet. Près de 100.000 malades en Europe et aux Etats-Unis, trop âgés pour bénéficier une greffe, pourraient ainsi potentiellement être concernés. Actuellement seuls 5 à 7 % des patients ayant besoin d’une transplantation cardiaque en bénéficient, faute de donneurs.

Tous les patients ne pourront pas recevoir ce cœur artificiel : il pèse en effet 900 grammes, contre 300 grammes pour un cœur humain. Il est à ce jour compatible avec 70 % des thorax des hommes et 25 % de ceux des femmes. Sans oublier l’obstacle du prix : entre 120.000 et 160.000 euros, soit autant qu’une greffe et ses suites opératoires.

Quel intérêt ?

Depuis une dizaine d’années, des cœurs artificiels sont implantés : mais il s’agissait de machines temporaires posées dans l’attente d’une greffe. Avec ce nouveau cœur bio-artificiel, le but est d’obtenir une vie quasi normale. Conçu avec une armature de plastique dur comme le métal, il reproduit la physiologie de l’organe normal avec ses deux ventricules et ses battements, à l’aide de motopompes. Il a ensuite la capacité de s’adapter aux conditions de vie d’une personne grâce à un système électronique embarqué.

Vous voulez en savoir plus ?

Carmat

Hôpital Georges-Pompidou

 

Rédigé par Acteurdemasanté


Acteurdemasanté

Acteurdemasante réunit un ensemble d’auteurs non permanents dont, des professionnels de santé, des membres des Hôpitaux Robert Schuman, des représentants d’associations en lien avec le domaine de la santé et des patients souhaitant témoigner et faire partager leur expérience avec les lecteurs du blog.

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