J'AGIS SUR ... MA GROSSESSE

Sida et grossesse

Les précautions à prendre

Etre séropositif au VIH ou bien malade du Sida n’empêche pas la possibilité d’une grossesse. L’enjeu : ne pas transmettre le virus à l’enfant. C’est possible, mais en respectant certaines conditions.

De quoi parle-t-on ?

Le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA au Luxembourg est d’environ 800 personnes avec environ 60 à 70 cas nouveaux par an. 50% de ces cas sont hétérosexuels.

Il existe trois phases d’infection par le virus du Sida :

  • la primo-infection, jugulée grâce à l‘action du système immunitaire.
  • la phase asymptomatique ou séropositivité : la maladie ne présente aucun symptôme mais les lymphocytes T sont progressivement détruits par le VIH, des anticorps étant encore dirigés contre le virus.
  • apparition des symptômes du Sida (après 10 à 15 ans ou davantage) : des maladies gravent se déclarent  en profitant de l’affaiblissement des défenses immunitaires (tuberculose, pneumonies, herpès, cancers…).

Comment gérer un désir d’enfant ou une grossesse ?

Une grossesse est possible en étant séropositif, même si elle comporte plus de risque pour la santé de l’enfant par rapport à la normale.

Deux conditions sont à réunir au niveau des deux partenaires, homme et femme, idéalement avant la grossesse ou sinon au tout début :

  • être dépisté(e) : un test est toujours pratiqué en début de grossesse, mais il faut le réaliser avant la conception si possible. Même si la séropositivité au VIH ou le Sida sont découverts en cours de grossesse, il est possible de trouver une solution.
  • être traité(e).

Le Sida peut en effet se transmettre à l’enfant soit durant la grossesse (risque de 10 à 15%), au moment de l’accouchement (risque de 15 % à 20%) ou via l’allaitement (risque de 10 à 15%). Le risque de contamination est réduit à 2% si le traitement de la trithérapie est appliqué. En général, en faisant ce traitement la charge virale est réduite au minimum. Un accouchement par la voie basse est alors envisageable. En cas de charge virale encore élevée, une césarienne sera pratiquée à environ 38 semaines. Le bébé recevra à la naissance un traitement antirétroviral durant quatre semaines. Des tests sanguins seront pratiqués dans les 48 heures après la naissance, puis 1 mois après, puis 3 à 6 mois après. Si après ce dernier test de 6 mois, le virus n’est pas détecté on considère que le bébé est séronégatif.

Luxembourg et Sida : quelle action ?

Le nombre de cas étant limité au Luxembourg, les mesures existantes permettent d’informer, tester et traiter les personnes concernées de manière satisfaisante.

Ce n’est pas le cas en Afrique et en particulier en Afrique de l’Ouest. La population vivant avec le VIH dans le monde se chiffre approximativement à 35 millions de personnes dont 67 % vivant en Afrique subsaharienne. En Afrique de l’Ouest, le dépistage est très insuffisant (contrairement à l’Afrique Australe ou de l’Est) et l’accès au traitement très difficile (en raison du coût et de l’accessibilité géographique).

Le risque de contaminer un enfant est d’autant plus important que le nombre de femmes séropositives est élevé et d’autant plus important que le taux de fertilité (et le manque de contraception) est élevé.

La Fondation Follereau Luxembourg (FFL) a mis en place en 2014, un projet d’aide dans la zone sanitaire Allada-Zè-Toffo au Bénin, centré sur l’appui nutritionnel aux couples mères et enfants vivant avec le VIH et aux femmes et enfants séropositifs. Ces femmes sont en effet le plus souvent exclues de leur famille et abandonnées par leurs maris. Les difficultés socio-économiques ne leur permettent pas d’avoir accès une alimentation suffisante, aggravée par la déficience de l’immunité induite par le VIH. Pour pallier à cette situation, un appui nutritionnel est apporté aux cas pour lesquels le besoin a été identifié par les médecins du centre de santé d’Allada, dans les locaux du centre intégré de promo­tion sociale et d’accueil pour enfants handicapés (CIPSA-EH). En 2014, 124 personnes souffrant de malnutrition combinée à la pathologie VIH-SIDA ont pu être soutenues: 62 couples mères-enfants vivant avec le VIH ont bénéficié de soutien nutritionnel, soit 15 de plus que l’objectif initial.

En conclusion

Le SIDA reste un sujet tabou même en Europe. De nouveaux cas sont dépistés mais la courbe de mortalité est en chute constante grâce aux traitements. La recherche progresse. De nos jours, un traitement permet même de prévenir la contamination par le virus du SIDA si on le débute tout de suite pendant 4 semaines après des rapports non protégés, il s’agit de la prophylaxie post exposition. En Afrique, le contexte est différent, les enjeux aussi. Le dépistage reste tout fois la première action à entreprendre.

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Informations Ministère de la Santé

Fondation Follereau Luxembourg 

Centre des maladies infectieuses

Rédigé par Dr Annik Conzemius et Mme Violaine Alves


Dr Annik Conzemius

Dr Conzemius est gynécologue-obstétricienne à la Clinique Bohler.

Mme Violaine Alves

Mme Alves est gestionnaire de projet à la Fondation Follereau Luxembourg.

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