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Le Projet « Loos alles eraus »

Rapper et danser contre les douleurs de l’âme

Le projet „Looss alles eraus“ est né de la collaboration entre la Fondation EME, le Service National de Psychiatrie Juvénile au sein des Hôpitaux Robert Schuman et le Rocklab de la Rockhal.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un programme spécialement développé pour les adolescents pris en charge par le Service National de Psychiatrie juvénile. Nous avons été honorés de la participation de deux artistes reconnus, Sylvia Camarda et David Galassi, qui avec beaucoup d’empathie et de compréhension, ont accepté d’accompagner les adolescents dans leur démarche artistique. Ensemble, ils ont créé un spectacle de danse et de rap reflétant ce qui anime les jeunes artistes dans leur quotidien. Les workshops ont commencé en septembre 2016 et avaient lieu chaque semaine à l’Hôpital Kirchberg et à l’hôpital de jour à Esch-sur-Alzette. Ainsi, les jeunes artistes ont appris à s’exprimer librement grâce à la danse et au rap et à se libérer de leurs tensions émotionnelles.

« Plutôt rap – plutôt danse » : le choix est vite fait et le passage de l’un à l’autre possible à tout moment. Les jeunes danseurs sont pris en charge par Sylvia Camarda, danseuse et chorégraphe. Il n’est pas question ici de danse classique, mais de street dance, un genre autrement plus « décontractée » pour lequel les jeunes ne se font pas prier. « Le plus important, c’est de prendre confiance en son corps », explique Sylvia Camarda. « On voit que les adolescents prennent confiance en eux », poursuit Sylvia. « Ils dépassent leurs blocages, osent se confronter à leurs limites. C’est un grand pas en avant, surtout pour eux. »

David Galassi, musicien et rappeur passionné, aime bien travailler avec les jeunes rappeurs en herbe de la Psychiatrie Juvénile. Il précise que la première étape, notamment de coucher les paroles sur le papier, est toujours la plus difficile. Ils réfléchissent d’abord ensemble à leur sujet : ce qui les oppresse, les agace, ce qu’il faudrait améliorer dans le monde... « Les idées et sujets doivent venir des adolescents», explique David Galassi. « Après, je peux les aider à les formuler. »  En fond, des beats synthétiques résonnent… et petit à petit, les textes naissent sur le papier. Très concentrés, parfois retirés dans leur propre monde, les jeunes inscrivent ce qui les tourmente. «Sans s’en rendre compte, les jeunes expriment leurs problèmes et leurs besoins. « Chacun raconte son histoire et sa vie, sans honte », poursuit David Galassi. «La musique est un exutoire. Les adolescents réagissent très bien au rap. Ils sont très ouverts et évacuent tout ce qu’ils ont sur le cœur, ce qui n’arrive pas au cours d’une conversation normale.»

Le projet de point de vue thérapeutique

Lo rappen ech – well Musik ass meng Therapie“ (Je rappe car la musique c’est ma thérapie) : ce sont les paroles d’une jeune participante au projet qui définit la musique comme une sorte de traitement thérapeutique. « L’initiative de la fondation EME d’offrir un accès à l’apprentissage musical et artistique à des adolescents qui en général n’ont pas la possibilité de participer à ce type d’activités est tout simplement formidable » , se réjouit Katja Engelhardt, ergo-  et psychothérapeute du Service National de Psychiatrie Juvénile.

Projet-Loos-alles-eraus_Danse                             Projet-Loos-alles-eraus_-Rap                                  Projet-Loos-alles-eraus_Danse-1

La collaboration l’année dernière dans le cadre d’un projet artistique dédié aux jeunes femmes atteintes par des troubles du comportement alimentaire,  prises en charge par le Service National de Psychiatrie Juvénile à l’Hôpital Kirchberg, a motivé les organisateurs de lancer ce nouveau projet s’adressant cette fois-ci à un cercle plus large de patients souffrant de différentes pathologies psychiques (dépressions, psychoses, troubles de comportement…).

Au début, les jeunes étaient un peu réticents mais au fil du projet et des répétitions ils ont pris le plaisir et la confiance nécessaire pour participer pleinement et créer leur propre monde au travers des moyens artistiques. « Leur motivation et admiration pour le projet grandissent après chaque workshop. Les jeunes apprennent ainsi à porter leur regard au-delà de leurs propres préoccupations. Cela leur ouvre de nouveaux horizons » précise Vitali Boldt, sport- et psychothérapeute au Service National de Psychiatrie Juvénile.

Le programme aide les jeunes à surmonter leurs propres difficultés : par exemple ceux/celles qui manquent de confiance en soi commencent à apprendre comment s’affirmer sur la scène, ceux qui ont plutôt des problèmes d’organisation, réussissent à arriver à temps pour les séances avec les artistes et à se concentrer pendant plus qu’une heure pour suivre leurs conseils. Les fortes émotions deviennent supportables, une fois exprimées au travers de la danse, du beat et du texte.

Prochaines étapes

En collaboration avec le Rocklab de la Rockhal, des extraits du spectacle ont été présentés en avant première dans la salle « The Floor » de la Rockhal le 17 décembre 2016. Le spectacle complet aura lieu le 27 avril 2017 à 20:00 heures au Club de la Rockhal.

Vous voulez en savoir plus…

Articles dans la presse dédiés au projet

Site web Fondation EME

Spectacle en avril 2017 à la Rockhal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Acteurdemasanté


Acteurdemasanté

Acteurdemasante réunit un ensemble d'auteurs non permanents dont, des professionnels de santé, des membres des Hôpitaux Robert Schuman, des représentants d'associations en lien avec le domaine de la santé et des patients souhaitant témoigner et faire partager leur expérience avec les lecteurs du blog.

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