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Grossesse et régimes alimentaires spécifiques

Quels risques?

Lorsqu’une femme est enceinte, il est nécessaire d’adopter un régime alimentaire équilibré. En effet, le développement de l’enfant à naître est tributaire d’un apport suffisant en protéines, lipides, vitamines, sels minéraux etc. Certaines pratiques à la mode, comme le végétalisme, supposent une exclusion d’aliments contenant des nutriments qui sont pourtant nécessaires pour le bon développement du bébé. Le point sur ces régimes avec Laurence Antony, diététicienne à la Clinique Bohler.

De quoi-parle-t-on ?

Le végétarisme est une manière de s’alimenter qui exclut la consommation de chair animale.

La décision de se nourrir de cette façon peut être éthique, culturelle ou religieuse, mais peut aussi représenter un souhait de manger plus sainement ou en prévention de maladies cardio-vasculaires et de diabète.

Il existe différents types de végétarisme :

  • Ovo-lacto  végétarisme : on exclut la viande et le poisson, mais on maintient la consommation d’œufs et produits laitiers
  • Pesco-végétarisme : on exclut uniquement la viande
  • Autres variantes : Ovo végétarisme (on garde les œufs) et lacto végétarisme (on garde les produits laitiers)

Le végétalisme, quant à lui,  est une forme d’alimentation, qui va plus loin dans l’exclusion d’aliments : elle exclut tout produit d’origine animale ou issu d’exploitation animale  (miel p.ex.). Sont donc exclus viande, poisson, produits laitiers, œufs. Les végétaliens  consomment essentiellement des légumes, des fruits, fruits à coques, champignons, du soja et ses drivés, des boissons végétales, ainsi que des céréales et graines.

Quels risques pour la femme enceinte ?

Pendant la grossesse, apporter une attention particulière à votre alimentation semble évident. Le développement du fœtus et le capital santé de la maman sont étroitement liés. Dès lors, une alimentation équilibrée contribue à les préserver.

Le végétarisme : sans danger si bien conduit

Certaines carences alimentaires peuvent apparaitre lorsque ce type d’alimentation est mal conduit. Il peut engendrer une carence en fer ou certaines vitamines, mais ceci reste assez rare, car l’apport en nutriments importants (fer, calcium, Vit D..) est facile à se procurer.

En effet, la consommation d’œufs et de produits laitiers garantit un apport correct en protéines de qualité. Les céréales et légumineuses représentent aussi une bonne source de protéines lorsqu’elles sont consommées ensemble.

Les réserves en fer  s’épuisent assez vite pendant  la  grossesse, même chez les femmes non végétariennes. Une supplémentation est donc souvent proposée d’emblée afin de couvrir les besoins accrus pendant cette période. Les œufs et les légumineuses peuvent  apporter une quantité de fer non négligeable à condition qu’il soit combiné à de la vitamine C, qui aide à absorber le fer.

Le végétalisme : c’est plus compliqué

Les personnes végétaliennes souffrent souvent de carences en fer, vitamine B12, vitamine D et en calcium du fait de l’éviction de tout produit animal.

La suppression des protéines d’origine animale peut provoquer un manque de certains acides aminés essentiels chez la mère et le fœtus.

Le fer est présent  dans les céréales et légumineuses, mais un apport  suffisant est difficile à atteindre. Une carence  en fer engendre extrême fatigue, ongles et cheveux cassants,  pâleur,  et peut conduire à de l’ anémie.

Du fait de l’éviction des produits laitiers, les carences en calcium peuvent apparaitre également, ce qui peut entraver le bon développement du squelette et de la future-dentition de bébé, mais aussi causer une fragilisation des os de la maman. Il existe, certes, des boissons végétales qui peuvent remplacer le lait, mais elles doivent être enrichies en calcium. Les légumineuses, certains fruits à coque et certaines eaux minérales peuvent également apporter le calcium nécessaire, mais une bonne connaissance des apports par les aliments est indispensable.

La vitamine B12 pose le plus de problème dans le végétalisme. Sans supplémentation, il  est quasi impossible d’avoir un apport adéquat. En effet, cette vitamine se trouve essentiellement dans les produits d’origine animale, qui font complètement défaut dans ce type d’alimentation.La carence expose à un risque de problèmes neurologiques (picotements des extrémités, perte de mémoire, dépressions, pour ne citer que ceux-ci) et peut nuire au développement du bébé.

Le végétalisme pendant la grossesse n’est donc pas une alimentation recommandée au vue des multiples risques de carences et des effets néfastes sur la santé de maman et bébé.

Comment éviter les carences nuisibles au développement du fœtus ?

En ayant de bonnes connaissances sur le sujet et en se faisant suivre par un diététicien, qui saura juger des bons apports en ces nutriments importants et vous guider au mieux dans ce type d’alimentation.

Une supplémentation en Vit B12, C et D, en fer et Calcium est indispensable en cas de végétalisme maintenu durant la grossesse avec une surveillance rapprochée des risques de carences durant toute cette période.

Une supplémentation accrue en sels minéraux ou vitamines peut être utile chez la femme  enceinte végétarienne, mais ceci se fait en cas de carences avérée et n’est pas préconisée d’office, sauf la vitamine B9 qui est recommandée pour toutes les femmes enceintes ou qui veulent l’être.

 

Rédigé par Mme Laurence Antony


Mme Laurence Antony

Mme Laurence Antony est diététicienne à la Clinique Bohler.

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